dimanche 8 septembre 2013

AVANT PREMIERE : Griefjoy - Griefjoy LP


Ca ne vous est jamais arrivé d'errer seul la nuit, en ville, avec vos maigres écouteurs comme compagnons de route? La balade sous la lumière des lampadaires aux croisements des grands immeubles, après une soirée arrosée, qui vous amène à rentrer chez vous un peu bourré à une heure tardive de la nuit. Oue, oue, on l'a tous eu celle-ci : grosse philosophie nocturne improvisée, et check avec les chats du quartier, pour un maximum de spleen en provenance du Baudelaire 2.0 qui sommeille en vous. Seulement, voilà, il faut la musique qui va avec. Et ce n'est pas le dernier Disclosure qui fera l'affaire dans ce genre de situation. Sauf qu'on se souvient qu'on a eu la chance de se procurer le premier album de Griefjoy un peu à l'avance, et qu'il se planque quelque part dans notre iPhone. On cherche, on cherche, et on démarre la galette malgré les 30% de batterie restants. Steve Jobs nous mène la vie dure, mais c'est nous qui lui feront la nique ce soir.

Griefjoy, quatre petits gars de Nice que beaucoup de monde connaissait auparavant pour leur projet Quadricolor. Des espoirs, de la pop teinté de sonorités électroniques, de l'enthousiasme, et subitement, silence radio. On apprendra alors que les 4 garçons en avaient plus que ras le bol du projet, qui s'essoufflait à mesure qu'on leur faisait des promesses sans suite, et que le costume devenait trop petit pour les envies du quatuor. Qu'à cela ne tienne, hiver 2012, Griefjoy fait son coming-out public. Imagerie plus sombre et mystérieuse, accompagnée d'un premier titre, "Here We Were", impressionnant de fraicheur avec ses nappes synthétiques à plusieurs étages et son chant blessé. Les infos tombent au compte goutte au fil des mois, les remixes de Yuksek et The Shoes débarquent, et on se prend l'EP. Pouf. Des petits uppercuts à base de pop mélancolique qui nous donnent envie d'en savoir plus : ni une ni deux, on arrive à avoir une interview avec les garçons en Mars dernier qui nous témoignent en une demie heure d'un vrai soucis de cohérence avec le sourire. La deuxième étape du live, elle, sera brillamment relevée avec une prestation au Nouveau Casino dansante et blindée de machines qui prouvera que l'on peux aussi s'éclater avec de la musique (souvent) tristounette. Et l'album alors?

Si on vous a parlé plus haut de ballades nocturnes, c'est justement parce que ce disque porte tous les traits d'une bande son taillée pour s'isoler et marcher le plus tard possible sur les pavés d'une big city froide et éteinte, le temps de quelques heures. Car là ou la pop française se veux majoritairement guillerette (Lescop exclut), les Griefjoy se projettent littéralement en Angleterre ou en Amérique, avec une musique froide, minutieuse, mathématiques et pétée d'émotions tout le long du disque qui sonne finalement comme un parfait anti-produit hexagonal. La rencontre entre la chaleur des instruments acoustiques (pianos, guitares, batterie étonnement jazz) et la mécanique des machines et synthétiseurs laisse alors entrevoir un véritable "son" qui suit le disque : les Griefjoy font des chansons, mais ne se gênent pas pour doublement leur donner du coffre avec des nappes de synthés et des beats percussifs qui renforcent l'émotion ambiante que l'on descelle dans ce disque. De la première partie de l'album (piste 1 à 4), introductive et calme, on passe à un registre plus puissant sur la dernière ligne droite de la galette magnifiquement amenée par "People Screwed Up", bourrasque électronique et cogneuse de 6 minutes dont on risque de parler pendant quelques temps. Des petits tubes en puissance ("Blind Vision" lyrique, "Feel" et ses nappes de synthés Crystal Castles) qui ne font pas non plus d'ombres aux ballades du disque, véritable réussite de l'album (Windswept, et surtout Hold The Tides, conclusion ultra pertinente), on résume très facilement le premier album de Griefjoy. Dansant, varié et cohérent.

Dix pour-cent de batterie en moins, et une heure de marche plus tard, on coupe la musique une fois arrivé au digicode de notre camp de base au milieu de la nuit. Le trip était bon, et la nuit plus douce : ces garçons là savent s'y prendre pour ce qui est des émotions. De la joie, des peines, mais beaucoup de musique dans nos oreilles pour agiter nos pensées un peu mélangées par la fatigue, la fête et les beats qui sortent de nos écouteurs depuis une quarantaine de minute. Demain sera un autre jour, probablement, mais on ne se permettra pour rien au monde de lâcher ce disque de la sorte. Oh que non. Et ce n'est pas le soleil levant que l'on commence à guetter à la fenêtre qui nous fera changer d'avis, soyez en bien sur.




Brice Bossavie.





jeudi 20 juin 2013

Sam Tiba x The Saddest Show In Town EP : Chronique Personelle


Sam Tiba est un mec qui aime bien surprendre son monde. Ou alors il ne le fait pas exprès. C'est en tout cas l'impression que l'on a à l'écoute de The Saddest Show In Town, dernière pépite du bonhomme Lillois qui profite de ses escapades en solo pour se décoller du son Club Cheval. Oui oui, on sait bien, on a souvent dit dans ses lignes que c'était une bête en matière de hip-hop, qu'il aimait la musique de thug et les marcels super frais, mais il faut le dire, le type nous a littéralement dérouté ces derniers mois.

Les méfaits ont commencé à l'été 2012, avec une incroyable mixtape réalisée pour le Quai Branly, dans laquelle il se servait de l'intégralité du catalogue du musée, pour une quarantaine de minutes du monde douce et filtrée assez impressionnante. On a commencé à se dire "Ce type cache quelque chose derrière son amour pour Booba et les parkas bariolées". On avait raison. Hiver 2012, voilà qu'il nous balance dans la face quatre morceaux sans prévenir, sur Souncloud. Des titres déprimants au possible ("lookin in the mirror, i ain't see nothing", "we are sharing the same rains"), et une musique tout simplement époustouflante, venue de nulle part. Une galaxie que seul Sam Tiba avait dans sa tête. Pourquoi? On ne sait pas vraiment. Des airs de post-rupture peut être, le truc un peu classique ou tu t'enfermes chez toi à faire autre chose que penser à "elle", histoire de digérer la claque. Les "losers" comme moi écrivent des articles ou descendent des soldats russes sur leur PS3 en mangeant des chips, les "winners" comme Samuel se posent devant un piano et te sortent des bombes triste et mélancoliques à faire pleurer La Boule devant un énième film de Hugh Grant. Enfin voilà, ces trois titres perdus sur Soundcloud comme ça, avec des visuels impressionnistes à faire passer les Sigur Ros pour des musiciens de fanfares nous avaient ensorcelé. Quel était le sens? Que voulait-il nous dire? Pourquoi nous mettre des douceurs pareils au piano re-triturées à la sauce électronique? Silence Radio. Jusqu'à ce qu'une autre annonce nous fixe définitivement sur le bonhomme : Pelican Fly. Le label de la musique électronique des garçons sensibles, oui oui. DJ Slow, le petit Cashmere Cat, et Sam. Lui-même. Le fermé d'esprit / troll / techno boy irait de suite râler, évidemment "Putain, mais que le mec aille faire ses bourrineries au Social". Et bah non mon petit gars. Non non non, le Sam il est pas comme ça. 

Pour être honnête on attendait furieusement cet EP. Après avoir entendu les prémices du délire l'hiver dernier, et vécu l'officialisation de la collaboration avec Pelican Fly au Printemps, on se disait bien qu'on allait prendre une bonne grosse claque, celle qui te laisse la gueule rouge pour toute la journée. Ou du moins on l'espérait. Et bien on l'a prise. Dans les deux sens même. Qui oserait démarrer un EP electro avec une musique de fête foraine faussement naïve? Personne. Sauf un mec qui se tape de l'image qu'on lui attribue. Pas la peine de partir dans des descriptions trop longues, The Saddest Show In Town est tout simplement un petit voyage dans le cortex romantique et blessé de Sam Tiba. Celui qui fait mal, qui te rappelle des souvenirs à toi aussi, petite personne qui est en train de me lire (merci), parce que toi même tu as été triste dans ta vie, parce qu'on t'a pourri ton coeur de bad-boy ou de jeune fille en fleur. Et ça, c'est universel. Sauf que retranscrire cette douleur, c'est une autre histoire. Tu peux  nous poser du sous-Saez sur un bout de papier, ou alors te mettre à ce que tu sais faire, de la vraie musique. Et cet EP là, sonne "vrai". Pur et sincère. Piano, guitare, cuivres, voix, Tiba démarre sur de l'organique pour le refroidir avec ses machines, le figer sur un instant précis. Han Solo et la cryogénisation, si tu préféres. "All You Think..." et ses airs de musique de chambre, refrain déchirant, "My Eldorado", complainte d'après claquage de porte, "Things Life", la discussion avec le vrai pote, ici Canblaster décidément partout qui te raisonne, tout y est. Et là est le génie de cette quinzaine de minutes, faire du sirupeux qui ne dégouline pas, une belle ballade de Drake sans les histoires de street-credibility, juste un truc qui vient du coeur. Et pour ça, et seulement et uniquement pour ça, je me permettrai terminer de mon baratin de la plus banale des manières. Gracias, thanks, danke, et surtout : Merci. 

Brice Bossavie.

Ecoutez l'EP "The Saddest Show In Town" de Sam Tiba sur Deezer et Spotify




jeudi 23 mai 2013

Foals - SFR Live Concert

Les Foals seront en concert ce soir à 21h au Studio SFR de Paris, pour présenter leur dernier album Holy Fire. Neuf titres dans la setlist, et beaucoup d'envolées explosives, on l'espére. Cadeau !


dimanche 12 mai 2013

LOUISAHHH!!! - Transcend EP


      C'est un fait, Brodinski a ses chouchous : la mise en marche de Bromance Records lui a ainsi permis de mettre ses idées en oeuvre. Alors que les rémois de Monsieur Monsieur sont passés sous l'aile du barbu rémois à travers le monde, c'est maintenant Louisa Pillot qui sort (enfin) son premier véritable EP sous le label qui l'a déjà accueilli pour des vocals sur des titres de Brodinski, ainsi qu'une Summer Mixtape dont les plus sensibles se souviennent encore. 

      Transcend signe donc les premiers faits d'armes de la jeune californienne chez Bromance. Deux titres techno, sombre et suants, qui voguent dans l'univers de la nuit et de la transe, portés par le chant/parlé de la musicienne, toujours aussi évocateur et suggestif. Un accompagnement qui va à ravir avec les productions brut et battantes de Louisahhh!, notamment sur le titre Tap My Wire amené parfaitement avec son kick sec, et ses lignes synthétiques glaciales et sensuelles.

          Confirmation du talent de la jeune fille donc, pour un premier EP bien réfléchi et travaillé, qui fait perdurer la lignée dansante de ce début d'année pour Brodinski et Manu Barron. Une mise en bouche avant le retour de Gesaffelstein? On l'espère.



dimanche 31 mars 2013

LOGO - Cardiocleptomania EP


      Remise en selle pour les LOGO avec un nouvel EP, chez Kitsune Records : 3 mois après leur Give Mo Luv au casting de remixeurs impressionnant, les deux parisiens débarquent donc avec Cardiocleptomania, titre de 7 minutes voyageur et enivrant. Au menu, de l'electro entre house et rythmiques dance teintées de pop pour un rendu accessible et ultra dansant. Les parties vocales s'implantent de plus en plus dans la galaxie du duo, et servent cette fois-ci au sampling des deux garçons. On prend parallélement notre pied sur les remixes : Para One remet le couvert avec son remix club qui tape, annonciateur d'une série de nouvelles sorties du bonhomme dans le même genre, tandis que les LPZ tournent le tout à la sauce lounge, et +18 réchauffe l'ambiance, entre rythmiques hip-hop lancinante, et gémissements féminins suggestifs. Carton plein pour les garçons donc, qui savent taper là ou il faut une nouvelle fois.